LE REMPLACEMENT DE LA CROIX SURPLOMBANT LA FONTAINE DU FOIRAIL, PAR UNE STATUE DE LA LIBERTE ECLAIRANT LE MONDE

Ce fait de l’histoire du village s’explique en partie par le contexte politique de la France du début du vingtième siècle.

En 1908, le Président de la République est Armand Fallières, tandis que le Président du Conseil est Georges Clémenceau.

Le Cantal est un bastion radical-socialiste avec des parlementaires comme le député Justin Rigal, ou le sénateur Eugène Lintilhac.

Comme dans beaucoup de communes du Cantal, à Calvinet, le débat ayant précédé l’adoption de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat a été rude.

Le conseil municipal oppose les conservateurs de l’équipe du maire élu, Roger de Bonnafos, aux radicaux menés par Léon Cazeaux.

En vue des élections municipales de 1908, ce dernier a sollicité comme tête de liste un aurillacois de naissance, mais un calvinétois de cœur, puisqu’il a passé une partie de son enfance à la Rouquette et au Faisan, et qu’il revient fréquemment dans cette dernière maison qui appartient à sa compagne, Cécilia Vellini : Jean de Bonnefon, dont la vie professionnelle (il est écrivain et journaliste polémiste) est à Paris.

Ce dernier emporte les élections municipales de 1908, et est élu maire.

Au conseil municipal du 19 juillet 1908 est voté le remplacement de la croix qui surplombe la fontaine située sur le foirail, par une statue de la liberté éclairant le monde, selon la même dénomination que celle sculptée par Frédéric-Auguste Bartholdi, et offerte en 1886 aux Etats- Unis d’Amérique par la France.

La croix est placée au cimetière, où elle se trouve toujours, dans une allée.

Le 2 août 1908, c’est en grande pompe qu’est inaugurée cette statue, en présence notamment du Préfet du Cantal, du sénateur Eugène Lintilhac, du député Justin Rigal, et du conseiller général du canton de Maurs, Antonin Fel.

Devenue au fil des ans l’un des symboles de Calvinet, le conseil municipal a souhaité en 2014 faire de la fontaine républicaine le logo1 de la commune.

C’est le peintre André Puech (1923-2014), originaire de Granouillère à Lafeuillade-en-Vézie, qui l’a dessinée.

La fontaine républicaine se trouve sur la place du village, ancien foirail, désormais dénommée Jean de Bonnefon.

Des fontaines des communes du canton sont aussi surplombées d’un symbole républicain :  c’est ainsi que le buste de Marianne orne la fontaine d’Arpajon-sur-Cère et celle de Cassaniouze.

BIBLIOGRAPHIE

 Lettre ouverte de Jean de Bonnefon à monsieur Francis Charmes, éditeur Achille

Pradier – Paris 1910 (Archives départementales du Cantal – ADC, 2 BIB 100 84)

 L’Affaire de la croix – un changement radical : de la fontaine au cimetière, par

François Danemans – Chronique du Veinazès n°32, 2008 (Archives départementales

du Cantal –ADC 459 PER 1)

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